Nos tutelles

CNRS

Rechercher





Accueil > Actualités

Motion des personnels mobilisés de l’ICP réunis en Assemblée Générale


Motion des personnels mobilisés de l'ICP réunis en Assemblée Générale

Les personnels mobilisés de l’Institut de Chimie Physique (ICP, UMR8000 CNRS, Université Paris Saclay) et réunis en Assemblée Générale le 27 février 2020 dénoncent la destruction planifiée du service public et du système de protection sociale. À ce titre, ils s’opposent aux réformes annoncées dans le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR).
En particulier, nous manifestons notre opposition aux orientations suivantes du projet de loi :

  • Aggravation de la précarité des jeunes enseignant.e.s-chercheu.r.euse.s, chercheu.r.euse.s, des personnels BIATSS et ITA par une amplification de la contractualisation,
  • Limitation de la liberté de la recherche, en particulier fondamentale, par la généralisation des financements sur projet, au profit d’orientations restreintes et d’objectifs à court terme,
  • Accentuation des inégalités et de la concurrence entre les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche, avec une concentration des moyens chez un petit nombre d’institutions,
  • Revalorisation des rémunérations par des primes (au lieu d’un dégel de l’indice), liées à une évaluation de « performance » reposant principalement sur la bibliométrie,
  • Remise en cause radicale du statut d’enseignant-chercheur avec : disparition de la clause d’accord pour la modulation du service, du référentiel d’heures d’enseignement à l’année et donc du paiement des heures complémentaires, et le recours massif à des non-statutaires/précaires,
  • Mise en place du dispositif de tenure-track (« chaires d’excellence junior » de 5 à 7 ans, suivie d’une évaluation établie sur des critères bibliométriques) résultant en la dévalorisation du corps de maître.esse de conférences, et chargé.e de recherche,
  • Affaiblissement des instances nationales de qualification, de recrutement et de suivi de carrières des enseignants-chercheurs (disparition du CNU avec risque accru de recrutements arbitraires, inégalités dans les promotions, etc.),
  • Pression grandissante pour la mise en place de partenariat et de valorisation avec le monde entrepreneurial.

Nous affirmons notre attachement à notre mission de service public, qui s’accomplit dans une recherche et un enseignement de qualité fondés sur le travail collectif et sur le principe primordial de coopération au sein des unités de recherche et entre unités. Nous nous prononçons pour une université gratuite et accessible à toutes et tous, sans condition de nationalité.

Dans cet esprit, nous souhaitons :

  • La consolidation de tous les statuts de la recherche publique et de l’enseignement supérieur,
  • Un plan durable de recrutement de titulaires : enseignants, chercheurs et personnels d’appui,
  • Le rétablissement de budgets récurrents ambitieux et pérennes pour les unités et équipes de recherche et une redistribution équitable des budgets de la recherche,
  • Une évaluation par les pairs privilégiant la qualité des productions et des parcours, ainsi que les prises de risque,

Nous déclarons notre laboratoire en lutte et appelons à cesser toute activité de recherche, d’enseignement et de support le 5 mars 2020. La journée du 5 mars 2020 sera consacrée à la réflexion et à la mobilisation des moyens de défense de l’enseignement supérieur et de la recherche.